Réfléchis avant de cliquer sacrebleu !

Je me devais de relayer l’information virale tant son potentiel pédagogique est élevé !

La CNIL, Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, a réalisé une campagne de communication très pertinente sur les médias sociaux. Baptisée Share the party, partage la fête, cette vidéo interactive met en scène les dangers du web social et, notamment, la question de frontières entre la vie publique et la vie privée sur ces réseaux.

Partager votre soirée… ou pas !

Tout commence dans une soirée où il y a tout ce qu’il faut :

  • de la fille sexy ;
  • de l’alcool ;
  • de la musique ;
  • des potes…

Bref, j’étais à une soirée.

Sauf que le héros, c’est-à-dire toi, reste vissé à sa casquette son smartphone à tout regarder et filmer par le biais de son petit écran. A chaque vidéo intéressante tournée, se pose la question ultime :

Je la partage la vidéo sur le web – Facebook, Twitter, YouTube et cie – ou pas ?

Share the party... Ou pas !

Share the party… Ou pas !

Avant d’en lire plus, je te propose de faire le test Share the party. Tu vas comprendre vite tout l’intérêt de cette campagne de communication.

Le tout est, bien entendu, savamment mis en place par la CNIL avec une description minimaliste mais transparente :

Il y a des soirées où l’on ferait mieux de ne pas tout partager. Dans cette vidéo interactive c’est à vous de choisir mais attention !!! Tout partage à des conséquences…

Génération hyper connectée sans limites ni barrières

On dénombre 24 millions de français inscrits sur Facebook, quasiment autant à visionner sur YouTube des vidéos. La CNIL déclare sur son blog avoir recensé 700 plaintes l’année dernière en rapport avec des diffusions de contenus sur le web et des problèmes d’opposition, plaintes en augmentation de 42% par rapport à 2010.

Par cette vidéo virale, la CNIL attire l’attention des jeunes et des moins jeunes sur le web et ses conséquences IRL, dans la vie réelle. Au delà du simple partage pour faire rigoler les potes, ce sont des comportements à risques qui sont évoqués.

Le profil public avec tout son contenu sous le nez de tous

La première cible de cette campagne est le profil social public. Tu as le choix sur tous les réseaux sociaux de montrer tes statuts à tes amis ou à tout le monde – profil public. Dans ce deuxième cas, tout le monde peut voir ce que tu postes, à quoi tu ressembles, ce que tu penses, en gros te connaître sans que toi, tu en sois avisé.

Cela peut entrainer des complications multiples et variées :

  • tes parents qui surveillent tes faits et gestes ;
  • un pervers qui trouve tes photos appétissantes et qui, avec tes statuts, pourra engager le dialogue en se faisant passer pour un jeune qui a les mêmes centres d’intérêt que toi ;
  • tes profs qui verront les insultes à leur encontre et porteront plainte contre toi ou, plus intelligemment, te donneront à chaque interro une bulle pour se venger ;
  • ton employeur qui trouvera sur le web des photos de soirées arrosées ou recrachées et se dira que tu n’as pas l’estomac pour le métier…

Tout montrer, ce n’est pas être franc, c’est être stupide !

D’ailleurs, si tu n’es pas au courant, le web n’oublie jamais – c’est-à-dire que, dans 2, 5, 10, 20 ans, il y aura toujours une trace quelque part de ton Skyblog, de ta cuite avec tes potes, de toi en train d’exhiber ton engin, de ton mémorable bras d’honneur devant des CRS… Il arrive même quelques fois que le web te vole tes contenus – tu retrouves ta photo sur une page Facebook pour faire rire – ou que ton réseau social utilise tes publications – ce que tu mets sur un réseau social peut souvent être réutilisé par le réseau.

Si quelque chose est gratuit, le produit, c’est-à-dire ce qu’on vend pour gagner de l’argent, c’est toi et tes informations personnelles. Lis Facebook te fiche, ne t’en fiche pas pour bien comprendre tous ces enjeux.

Bref, une différenciation du public et du privé, c’est une étape indispensable pour te protéger !

Du partage d’informations inutile et dégradant pour les autres

Le deuxième axe de réflexion proposé par cette vidéo reste le partage et ses fondements moraux. En effet, là où le bas blesse avec le partage, c’est que la vidéo peut porter à confusion certaines fois mais surtout porte atteinte aux droits des personnes.

Ben oui, celui qui est sur la vidéo possède notamment ce qu’on nomme un droit d’image. Il est responsable de son image et a des droits. Que tu sois son pote ou une de ses connaissances n’y change rien ! Il n’a peut-être pas envie que le monde entier découvre sa danse du poulet en transe.

Avec les partages organisés dans cette campagne virale, on voit bien se profiler le partage à tout bout de champ avec, au final, des dossiers bien visibles et publics. Cela entraine des complications plus ou moins graves, le mec bourré qui danse bizarrement et devient à son insu une icône du fail sur YouTube, la rupture d’un couple juste après le visionnage de la vidéo compromettante jusqu’à l’arrestation d’un prof maladroit et trop proche de ses élèves – prof qui n’est d’ailleurs pas à sa place dans une soirée de jeunes soit dit en passant.

Si tu refais la simulation sans rien partager, tu seras rejeté par ton ami car tu ne sers à rien, il y avait de purs dossiers… Au final, ce sont 11 fins possibles en fonction de tes choix et 11 impacts différents sur la vie des personnes rencontrées, de leurs proches et la tienne. De quoi faire réfléchir sur le pouvoir du partage non ?

D »ailleurs, dans cette histoire, que le partage soit public ou privé ne change rien, les gens ont des droits et tu bafoues ses droits alors que toi, tu n’aimerais pas avoir une vidéo de toi sur YouTube en train de vomir ou de montrer ton engin à tout le monde. Tout est question d’image, comme le résume justement l’image suivante !

Réfléchir avant d'agir !

Réfléchir avant d’agir !

Quand tu partages, réfléchis aux conséquences et protège tes amis, tes proches et leurs proches !

Pédagogie et pertinence via un média actuel et tendance

La CNIL frappe un grand coup avec cette campagne. Elle force à réfléchir sur son influence dans son réseau et, je l’espère, aidera les parents et les jeunes à trouver des repères et définir des lignes de conduite plus responsables de soi et des autres.

On peut critiquer la vidéo, le fait de ne pas partager quelque chose et donc de mentir à quelqu’un mais au final, la vraie réflexion porte sur la communication et, sous ce terme générique et marketing, la discussion tout simplement. Cette vidéo interactive doit servir de pont pour ouvrir la discussion entre potes ou entre les parents et les jeunes.

D’ailleurs, la CNIL propose 2 espaces de discussion, le premier à l’attention des jeunes, le second à l’attention des parents.

Réfléchissez avant de cliquer !

A travers ce slogan, tout est dit. Nos générations sont de plus en plus connectées, un partage est souvent plus facile que rédiger en bon français. A l’heure du tout numérique et du contenu multimédia diffusé et diffusable jusqu’à plus faim, il est vraiment nécessaire et plus que temps de se poser des questions de fond sur ses droits, ses devoirs, ses obligations et ses convictions morales et humaines.

Le logo de la campagne est très bien trouvé. Ne sois pas un mouton qui clique sans comprendre et réfléchir, utilise ton cerveau !

Logo : Réfléchissez avant de cliquer !

Logo : Réfléchissez avant de cliquer !

Le partage, c’est possible mais seulement quand c’est intelligent !

Et, si jamais ton pote, au final d’une soirée, te dit que tu es un c*n parce que tu n’as pas mis les fameux dossiers sur le web, un conseil, dis-lui VTFF et change de pote !

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2 commentaires
  1. C’est vrai que, sur les réseaux sociaux, 70% des gens publient vraiment tout et n’importe quoi. A force de publier leurs moindre faits et gestes, il ne profitent même plus de l’instant puisqu’il ne pensent qu’à le partager sur FB ou Twitter. Ça en devient un peu ridicule.

  2. Le 70% sort d’où ?

    Dans l’histoire, le but n’est surtout pas de stigmatiser cette génération qui ne fait qu’utiliser les moyens de communication à sa disposition.

    Bien au contraire, il s’agit de faire comprendre que le partage peut être nocif pour tout le monde quand il n’est pas réfléchi et contrôlé en définissant des limites qui ne soient pas imposées mais comprises comme des protections morales et des garde-fous.

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